Par Eric, Directeur commercial chez SASSI France, qui accompagne les entreprises du BTP dans le choix de leur équipement. Mis à jour mai 2026.
Deux risques, une même intervention
Un électricien qui grimpe sur un poteau ou intervient sur un tableau en hauteur cumule deux risques bien distincts : le risque électrique, encadré par la démarche de prévention et les habilitations liées à la norme NF C18-510, et le risque de chute, propre à toute intervention en hauteur, quel que soit le métier exercé. Ces deux sujets s'additionnent sans se confondre, et c'est justement cette superposition qui rend l'équipement de l'électricien en hauteur un peu plus complexe que celui d'un opérateur au sol.
Beaucoup de professionnels du secteur pensent, à tort, que l'habilitation électrique couvre implicitement les questions de sécurité en hauteur. Ce n'est pas le cas : ce sont deux démarches de prévention distinctes, chacune avec ses propres exigences.
Ce guide fait le point, prudemment et sans entrer dans le détail juridique précis, sur ce que la démarche NF C18-510 implique en pratique pour les interventions du secteur électrique en hauteur.
Ce que couvre, et ne couvre pas, la démarche NF C18-510
Une démarche centrée sur le risque électrique
La norme NF C18-510 organise la prévention du risque électrique : habilitations des personnels, procédures d'intervention, consignation des installations. Elle définit un cadre pour éviter les accidents liés au contact avec une installation sous tension, mais elle ne traite pas spécifiquement du risque de chute lié à la hauteur d'intervention.
Le risque de chute, une analyse complémentaire nécessaire
Dès qu'une intervention électrique se déroule en hauteur (poteau, nacelle, toiture, structure métallique), une analyse de risque spécifique au travail en hauteur doit compléter la démarche électrique. C'est cette analyse qui détermine si un harnais antichute, une ligne de vie ou tout autre dispositif de protection contre les chutes est nécessaire, et lequel choisir selon la configuration réelle du poste.
Le choix du point d'ancrage, un vrai sujet en environnement électrique
Sur une installation électrique, le point d'ancrage choisi pour un système antichute doit être compatible avec l'environnement, sans créer de nouveau risque de contact accidentel avec une partie sous tension. C'est un point de vigilance spécifique à ce secteur, qui distingue l'analyse de risque en milieu électrique de celle menée sur un chantier BTP classique.
Ce qu'il faut retenir en pratique
- L'habilitation électrique ne dispense jamais d'une réflexion sur le risque de chute pour une intervention en hauteur.
- Le choix du point d'ancrage doit tenir compte à la fois de sa solidité et de sa compatibilité avec l'environnement électrique.
- Les deux équipements, électrique et antichute, doivent être vérifiés et entretenus séparément, chacun selon ses propres exigences.
Pour équiper une intervention complète, il est souvent utile de composer un kit antichute dédié, gardé à disposition pour les interventions électriques en hauteur, plutôt que de rassembler le matériel au dernier moment.
Chez SASSI, un accompagnement pour les métiers du secteur électrique
Chez SASSI, atelier parisien fondé en 1920, nous équipons régulièrement des entreprises du secteur électrique confrontées à cette double contrainte réglementaire. Notre page dédiée au secteur électrique présente les équipements les plus adaptés à ces interventions, et notre équipe reste disponible pour orienter le choix selon la configuration réelle du poste.
Notre recommandation reste toujours la même face à un doute réglementaire : consulter un organisme de prévention ou un formateur habilité pour les questions précises de conformité, notre rôle étant de fournir un équipement fiable, pas d'interpréter la norme à la place de l'employeur.
Ce qu'on nous demande le plus souvent
La norme NF C18-510 traite-t-elle directement du risque de chute ?
Elle porte principalement sur la prévention du risque électrique et les habilitations associées. Le risque de chute relève d'une analyse complémentaire, propre au travail en hauteur, qui vient s'ajouter à la démarche électrique.
Un électricien habilité doit-il suivre une formation spécifique pour le travail en hauteur ?
En général oui, en plus de son habilitation électrique, une formation ou une sensibilisation au travail en hauteur est recommandée dès que le poste comporte un risque de chute réel.
Que faire si un point d'ancrage n'est pas prévu sur une installation électrique en hauteur ?
Il faut alors prévoir un dispositif temporaire adapté avant l'intervention, plutôt que d'improviser un point de fortune non vérifié, qui exposerait l'opérateur à un risque de chute mal maîtrisé.